Le coin des régions

Bourgogne Franche-Comté (via le Réseau Bio de Bourgogne) : Niveau des aides, mesures de soutien, appui aux filières… Face à l’afflux des conversions, la nouvelle grande région saura t-elle relever le défi de l’agriculture biologique ?

 

Alors que le monde agricole traverse une grave crise, la forte dynamique de conversion des exploitations à l’agriculture biologique offre l’opportunité d’engager sur nos territoires une vraie transition agroécologique.

Encore faut-il que cette nécessaire mutation soit encouragée et soutenue par une politique régionale à la hauteur des enjeux économiques, sociaux, environnementaux et de santé publique qu’elle comporte.

 

Croissance des conversions en bio

 

Destiné à sécuriser les nouveaux engagements et à assurer la pérennité des systèmes déjà en place, le dispositif des aides à la conversion et au maintien en agriculture biologique est un outil essentiel au développement de la bio et de ses filières ainsi qu’à la réorientation de l’agriculture. Il revient aux régions, en tant qu’autorité de gestion, d’organiser et moduler l’attribution de ces aides co financées par l’Europe et l’Etat, sur la base des besoins constatés et prévisibles.

 

En Bourgogne, les arbitrages quant aux futurs montants et plafonnements éventuels de ces aides n’ont pas encore été rendus pour 2015. Mais on sait d’ores et déjà que l’enveloppe quinquennale, affectée à partir d’une évaluation sous estimée des surfaces en conversion, sera insuffisante pour abonder les besoins réels. Si rien n’est fait, le montant des aides par exploitation se verra chaque année réduit un peu plus.

 

Relayant l’appel national conjointement lancé le 25 février par la FNAB (Fédération Nationale d’Agriculture Biologique), l’APCA (Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture) et le,SYNABIO (Syndicat des transformateurs et distributeurs bio), qui alerte sur les menaces affectant le versement des aides Conversion et Maintien de ces soutiens dans la durée dans de nombreuses régions, le Réseau Bio de Bourgogne attend des élus de la Région et de sa Présidente, comme de l’Etat, un engagement sur un réajustement. C’est la réponse adéquate à la dynamique réelle des conversions et au développement des surfaces en bio constatés sur le territoire bourguignon.

 

Les aides conversion et maintien bio : une décision politique

 

Reçus par la Présidente Marie-­Guite DUFAY le 24 février, les représentants du réseau Bio de Bourgogne ont pris acte de son engagement à soutenir l’agriculture biologique avec les acteurs historiques de son développement. Ces aides doivent garantir à tous les agriculteurs qui souhaitent faire évoluer leurs systèmes et à tous ceux déjà engagés en bio, la visibilité et la sécurité dont ils ont besoin, et la juste rémunération des services environnementaux rendus.

 

Aussi, les prochaines décisions sur les aides Conversion et Maintien seront révélatrices de la hauteur réelle de l’engagement. Conscientes de devoir répondre au mieux et au plus vite à l’urgente nécessité d’une transition agroécologique et aux attentes croissantes de la société, certaines régions telles que l’Alsace, la Bretagne ou le Nord Picardie ont opté pour des aides sans plafonnement aucun, ni priorisation. C’est , avant tout, un choix politique qui affirme clairement des priorités.

 

Il dépendra de la volonté politique de sa Présidente, avec le soutien des élus, d’obtenir sur cette question les arbitrages qui s’imposent, et d’engager ainsi notre région sur la voie de la transition agroécologique dont le monde agricole a besoin et dont l’agriculture biologique constitue le fer de lance et l’expression la plus accomplie.

 

Accéder au communiqué de presse du réseau Bio de Bourgogne