Actualités de la bio

 

Faut-il sauver l'agro-industrie ou proposer un autre modèle de développement agricole? Le leader européen de la volaille industrielle a déposé le bilan et renoncer au plan proposé par le gouvernement. Des milliers d'emplois sont menacés, des éleveurs sont dans une situation intenable alors que le groupe a été le principal bénéficiaire des aides PAC depuis près de vingt ans. Une fois encore, la collectivité va devoir payer pour un système industriel qui a fait de la famille Doux la 146ème fortune de France (et la première en Bretagne?). Privatisation des profits et collectivisation des couts, ce système a assez duré. Il faut utiliser l'argent public pour soutenir une vraie transition écologique et sociale de l'agriculture et de l'agroalimentaire. La Fnab réagit et fait des propositions.

 

Faillite de Doux: tous les constats de l'impasse du système agro-industriel

 

Le système "Doux" représente la quintessence de l'agro-industrie vouée aux gémonies par la profession agricole et une grande partie du monde économico-politique pendant des années au nom de sa prétendue productivité industrielle et agricole, de sa contribution à la balance du commerce extérieur français etc. En réalité, les constats économiques, sociaux et environnementaux sont aujourd'hui clairs: système d'intégration des éleveurs devenus ouvriers spécialisés mais supportant l'endettement comme chef d'exploitation, ouvriers de la transformation payés au plus bas, captation gigantesque des aides publiques européennes, exportations destructrices des marchés dans les pays du Sud... et production intensive dans une des régions la plus polluée en Europe (air, eau et sol).

 

Pour un nouveau modèle agro-alimentaire : soutenons les signes de qualité et l'élevage biologique
 

Aujourd'hui, l'Etat, la collectivité vont très certainement devoir payer pour prendre en charge les nombreuses "externalités négatives" du système Doux: salaires impayés, plan de reconversion, dettes fiscales et sociales etc. Des centaines de millions d'euros qui vont s'ajouter au milliard d'euros d'aides européennes perçues depuis 1995 par l'entreprise. Cette crise industrielle pose pourtant une question simple: faut-il sauver une fois de plus un système qui n'a pas d'avenir ou s'engager, avec toutes les parties prenantes, dans une vaste réforme de long terme de notre système agro-alimentaire? C’est une question de survie, d’abord pour les éleveurs et les salariés.
 

Nous connaissons les bases de ce nouveau système: une agriculture française centrée sur les signes de qualité et non la matière première agricole, une agriculture française subventionnée par l'Europe pour ses plus-values sociales (création d'emplois dans les fermes et les territoires) et environnementales, un secteur agroalimentaire qui redimensionne ses unités au plus proche des bassins de consommation, un accompagnement des nouvelles filières de qualité dans le cadre notamment de la restauration collective d'Etat, publique et privée, une organisation des filières agricoles dans des logiques et pratiques d'économie sociale et solidaire, une évolution partagée de notre régime alimentaire vers une consommation de viande de qualité et non en quantité.
 

Ces bases sont celles de l'économie de la bio que la FNAB et le réseau des producteurs bio promeut. Un secteur en pleine croissance qui a dépassé le million d'hectares (chiffres agence bio) porté par la demande des consommateurs, par les conversions des producteurs mais dont le soutien public n'a jusqu'à présent, aucune commune mesure avec celui d'un système agroalimentaire en faillite.