Eau

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Plusieurs études récentes et retours d’expériences territoriales convergent vers ce même  constat : le coût du préventif est toujours inférieur à celui du curatif.

 

Le préventif coûte-t-il plus cher que le curatif ? Argumentaire économique en faveur de la protection des captages AESN EcoDécision Juillet 2011

 

« La solution curative, souvent privilégiée localement car plus facile à mettre en œuvre rapidement et apparemment efficace à court terme, est quant à elle de plus en plus remise en cause du fait de la non durabilité de cette mesure mais aussi des coûts élevés à supporter par les services d’eau et les financeurs publics. De même, les solutions palliatives parfois envisagées (interconnexions, mobilisation d’une nouvelle ressource) ne sont pas durables car elles ne contribuent pas à l’amélioration ou à la protection de la qualité de la ressource […]

Lorsqu’un captage, dont la qualité des eaux s’est révélée mauvaise pour les nitrates et les pesticides, ne fait pas l’objet d’une démarche de protection, l’eau est tout simplement traitée via une station de traitement ou mélangée à d’autres sources […] Les procédés de traitement ne traitent pas toutes les molécules (exemple de l’AMPA, métabolite du glyphosate) et les substances traitées ne sont pas totalement éliminées. Avec le temps, apparaissent de nouveaux pesticides et métabolites des pesticides, ce qui remet en cause l’efficacité à long terme du traitement curatif et pose des questions « d’effet cocktail » […] Pour les services d’eau potable, l’intérêt du préventif est nettement confirmé : le coût du préventif est toujours inférieur au coût du curatif. Pour les services d’alimentation en eau potable, en rythme de croisière, le coût du préventif est toujours inférieur à celui du curatif, et ce, pour tous les cas étudiés. Le coût du curatif peut représenter jusqu’à 87 fois celui du préventif ! »

 

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L’expérience de Munich en Allemagne 

 

Depuis 1991, la municipalité de Munich a décidé d’agir en amont afin d’obtenir une eau de qualité et d’éviter de coûteux traitement de l’eau en encourageant l’agriculture biologique sur les 2 250 hectares de terres agricoles situées à proximité des captages d’eau potable. Aujourd’hui, tous comptes faits le programme de soutien à l’agriculture biologique coûte 750 000€ par an à la municipalité, soit moins de 1 centime d’€/m3 d’eau distribuée et les résultats escomptés sur la qualité de l’eau sont au rendez-vous. A titre de comparaison, le coût de dénitrification (évitée grâce à la politique préventive de Munich) est estimé en France à 27 centimes d’€/m3 distribué !

La municipalité de Munich est L’exemple européen de réussite à moindre coût de la protection de la ressource en eau par l’agriculture biologique mais qu’en est-il en France ? Deux récentes études françaises basées sur des cas concrets (Lons Le Saunier, Eau de Paris, autres services d’alimentation en eau potable en Seine-Normandie) montrent également tout l’intérêt de favoriser la mise en œuvre d’actions préventives sur les aires d’alimentation de captages.

 

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