Pour aller plus loin

2ème plan Chlordécone en Guadeloupe et en Martinique : ce nouveau plan d'action (2011-2013) contre la pollution par le pesticide utilisé contre le ravageur du bananier (le charançon), met en œuvre 36 actions, pour un montant de 31 millions d'euros, soit le même montant que pour le premier plan d'action mis en place de 2008 à 2010. (d'après AEED)

 

C'est ce qu'a indiqué Didier Houssin, directeur général de la Santé et coordonnateur interministériel du plan chlordécone, jeudi 10 mars 2011.  Le premier plan avait « mobilisé plus de 33 millions d'euros de crédits », selon la direction générale de la Santé. « On part pour plusieurs dizaines d'années, peut-être même plus » de décontamination, car « la molécule est extrêmement stable », observe Didier Houssin.

On se souvient que la chlordécone a été utilisée à partir de 1972, et interdite en 1993, un récent travail universitaire avait montré que le poids économique de la banane avait fait que cette interdiction avait été très tardive malgré les conséquences connues de tous. Cet exemple est très révélateur du coût réel de l'agriculture chimique sur l'envirionnement et les populations, des coûts payés par la collectivité. Ce plan devra, après le premier, continuer à mobiliser des moyens d'expertises sur la pollution, sur l'état de santé de la population, gérer les milieux contaminés, et, il était temps, "poursuivre la réduction de l'exposition des populations, en assurant la qualité de la production alimentaire locale et en soutenant les professionnels impactés".

En effet, la pollution environnementale « se traduit par des difficultés financières pour les professionnels de l'agriculture et de la pêche impactés et des abandons de surface agricoles, avec le risque d'accentuer la réduction des surfaces consacrées à l'agriculture. On constate aussi la montée en puissance d'importations de produits concurrents, d'autre origine, qui peuvent ne pas offrir les garanties sanitaires équivalentes à celles des productions locales ».

« Le présent volet du plan d'action doit aboutir par le soutien des professionnels à la relance des productions locales, malgré le handicap lié à la présence de chlordécone, à la réconciliation des Antillais avec leur agriculture, et à rétablir la confiance dans les produits alimentaires locaux consommés, en particulier les produits de la pêche, grâce à une bonne traçabilité des produits et à l'affirmation de leur qualité », indique la direction générale de la Santé. 

 

>> Pour en savoir plus sur ce plan d'action, consultez le site du Ministère du Travail, de l'Emploi et de la Santé :  cliquez ici