Vie associative

Les présidentes de Bio de Provence, Marie Maurage, et de la FNAB, Stéphanie Pageot, ont accueilli les quelques 170 délégué(e)s du réseau FNAB à Marseille les 26 et 27 mars 2014.

L'occasion de rappeler un enjeu stratégique du mouvement des paysans bio organisés : mobiliser producteurs et salariés pour accompagner le changement d'échelle de la bio en France. Le programme Ambition bio 2017 de la mandature institutionnalise un peu plus encore le développement de la bio dans des actions publiques à vocation d'intérêt général (territoires, environnement, alimentation, recherche etc.). L'innovation doit être au cœur des actions de développement du réseau FNAB, sur le plan technique et aussi de l'élaboration et de la mise en œuvre des politiques. La région PACA compte 15% de sa surface agricole utile en bio mais a d'ores et déjà visée son doublement comme objectif de moyen terme. Le gouvernement a fixé l'objectif à 8% au niveau national à l'horizon 2018.

 

L'Assemblée générale a donné toute sa confiance à un nouveau Conseil d'administration et a confirmé l'équipe dirigeante avec Stéphanie Pageot, présidente, Irène Carrasco, trésorière, et les secrétaires nationaux Laurent Moinet, Raoul Leturcq, Dominique Marion et Alain Delangle. L'AG s'est félicitée de la bonne gestion de la « tête de réseau FNAB » en 2013, confirmant les efforts des années précédentes.

 

Le colloque public du 27 mars au soir a réuni plus de 200 personnes dans la salle de la MPM au Palais du Pharo. Des exemples très concrets de pratiques coopératives bio ont mis en évidence cette volonté de faire de l'économie dans le sens d'une solidarité entre les acteurs économiques, d'une reterritorialisation de leurs échanges et d'une ouverture organisée aux autres parties prenantes (pouvoirs publics, société civile). Des représentants de Coop de France, de Terrena, ont également témoigné de la prise en compte de ces spécificités du développement économique de la bio dans le monde conventionnel-mixte. Il est clairement apparu que les coopératives ont un rôle clé à jouer dans un développement maitrisé et orienté en valeur de la bio a contrario d'un seul développement économique dicté par des « lois du marché »  constitutives de rapports sociaux inégalitaires. Une représentante des « FRALIB » est intervenue pour présenter leur projet de réindustrialisation des infusions « Elephant » à partir d'approvisionnement bio et locaux dès lors que la multinationale Unilever leur permettra de récupérer cette marque franco-française alors que la production a été délocalisée en Pologne. Claire Lamine, sociologue de l'INRA, a clôturé ce colloque. L'ensemble des présentations et débat sera mis en ligne sur le blog de la recherche action de la FNAB.

 

La dernière journée de travail a été l’occasion de voter des orientations pour le réseau FNAB en 2014 notamment dans le contexte du projet de révision du règlement européen de la bio présenté le 25 mars par Dacian Ciolos, commissaire européen. La FNAB s'est félicitée de la teneur de ce projet qui entend faire évoluer la bio dans le respect des fondamentaux notamment des pratiques paysannes. La mobilisation de son réseau sera sans faille durant les long mois de débat européen et nationaux. Les producteurs et productrices ont pu débattre d'un positionnement général de leur mouvement affinitaire (le même métier), ouvert sur tous les publics de la bio (de toutes obédiences syndicales; petites, moyennes ou grandes exploitations; tous systèmes de production etc.) et engagé dans une bio « démarche de progrès » qui ne se limite pas à la stricte application d'un règlement mais qui ambitionne d'être le plus socialement juste et le plus environnementale ment efficace. Des ambitions qui peuvent aller jusqu'à l'implication dans des cahiers des charges privés, dont Bio cohérence.

 

Stéphanie Pageot a donné rendez-vous au réseau FNAB ainsi qu'aux partenaires et autres réseaux de développement agricole pour réussir les objectifs du programme Ambition bio 2017. La nouvelle PAC en 2015 devra soutenir clairement dans les régions les ambitions nationales et européennes, l'État devra se montrer constant dans sa volonté politique et dans les moyens qu'il donnera aux différents réseaux pour relever ce défi de la bio pour la création d'emplois non délocalisables dans les territoires, la protection urgente de la qualité de l'eau et de l'air, la garantie de produits alimentaires bons pour la santé de nos concitoyens.

 

>> Vous pouvez consulter le Rapport d'activités 2013 de la FNAB en cliquant ici