Vie associative

tribune 4 avril 2017 bd130 participant-e-s pour cette Assemblée générale à Strasbourg les 4 et 5 avril 2017. Etat des lieux du changement d'échelle de la bio et débat public sur les enjeux européens avec les représentants des syndicats agricoles.

 

 

 

montage photo AG 2017

L'assemblée générale de la FNAB est l'occasion de réunir tous-tes les acteurs-trices du réseau Bio en France par le biais des fédérations ou groupements régionaux (FRAB-GRAB). Ils étaient tous présents cette année à l'exception de la Corse et de la Martinique.

 

Capture couv RA 2016Valeurs et projet du réseau FNAB dans le changement d'échelle de la bio

Cette assemblée générale du mouvement FNAB a été l'occasion d'évaluer la mise en oeuvre de la Charte de la FNAB adoptée en 2016 à Paris. Le rapport d'activité a mis en évidence les actions concrètes sur les trois grands champs : une transition écologique de notre société, une économie équitable dans les territoires, une société plus humaine et plus juste.

 

Les représentant-e-s régionaux ont débattu des enjeux du changement d'échelle de la bio et de ses conséquences pour le premier réseau agricole spécialisé. Ce débat synthétisait un cycle de 12 rencontres en régions au cours des mois de décembre 2016 et janvier 2017 avec plus de 300 personnes impliquées. Dans ce contexte, et dans le prolongement de la Charte adoptée en 2016, les adhérent-e-s du réseau FNAB sont appelés, par leur Assemblée générale, à se positionner sur les stratégies de différenciation par le biais des labels existants (Bio cohérence…) ou en développement.

 

Le réseau a rappelé son engagement à accueillir tous les nouveaux agriculteurs-trices en conversion pour la réussite technique et économique de leur ferme et à renforcer le dialogue avec les acteurs de l'aval de la fiilière pour l'objectif de co-construction de filières locales, équitables et solidaires en bio. Cette mobilisation forte auprès des nouveaux acteurs suppose un soutien tout aussi fort des pouvoirs publics et un investissement renforcé des acteurs économiques pour permettre l'accompagnement expert et l'animation des filières et territoires. Ce soutien n'est pas toujours au rendez-vous dans les régions, l'Etat comme les collectivités doivent pouvoir s'appuyer sur un réseau de professionnels aus service de l'intérêt collectif de la filière bio (partage de compétences et d'expériences, mutualisation et capitalisation des réussites pour tous etc.).

 

Une gouvernance dans la continuité: Stéphanie Pageot réélue Présidente de la FNAB pour 2017

Le conseil d'administration réuni après l'assemblée générale a réélu Stéphanie Pageot (Pays de la Loire) à la présidence de la FNAB pour 2017 au sein d'un bureau composé de : Irène Carrasco (trésorière - Nouvelle Aquitaine), Alain Delangle (secrétaire national - Normandie), Jean-Paul Gabillard (secrétaire national - Bretagne), Guillaume Riou (secrétaire national - Nouvelle Aquitaine), Julien Scharsch (secrétaire national - Alsace). Un poste de secrétaire national est également ouvert pour les représentants de la région Auvergne Rhône Alpes qui préciseront après leurs instances le nom du titulaire.

 

débat public photo EMS

 

 

 

 

 

 

 

Un débat public sur les enjeux européens de la bio: la FNAB appelle l'Etat à doubler le transfert de budget du 1er au 2ème pilier de la PAC pour garantir les aides conversions et "maintien" dès 2017

 

Alors que la campagne électorale française questionne le cadre communautaire, la FNAB a proposé un débat à Strasbourg, lors de la session parlementaire, pour faire le point sur ses risques et opportunités à l'aune des sujets réglementaires bio et du cadre national de la politique agricole commune. Pour lancer les débats, Fiona Marty, chargée de mission à la FNAB a présenté les principaux chiffres de la bio en Europe révélateurs de stratégies nationales diversifiées (voir la vidéo ci-dessous)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enlisement de la révision européenne du règlement bio : vers des différenciations nationales ?

Dans l'amphi de l'école de management de Strasbourg, Stéphanie Pageot, présidente de la FNAB (ici à gauche), a rappelé les lignes rouges défendues par la FNAB et le secteur bio sur lesquelles la France ne doit pas céder (maintien du contrôle annuel, liens au sol, refus des seuils de décertification pour les pollutions fortuites, maintien de la dérogation « attache »). Eric Gall (au centre), pour la plate forme Ifoam Europe, a constaté lui aussi l’enlisement des négociations et affirme « qu’il ne faut pas attendre du règlement européen qu’il soit un outil du développement de la bio ; les solutions sont à trouver au niveau national. » Les labels privés permettront, selon lui, d’augmenter les standards nationaux sur la base de l’actuel socle européen. Pour José Bové (à droite), qui a salué Dacian Ciolos, le commissaire européen à l’origine du processus de révision, « la bio est en passe de devenir la nouvelle victime collatérale de l’incapacité des 28 à construire un projet européen fédérateur. » Il a posé la question « à qui profite le crime de l’absence de nouveau règlement ? » en appelant les paysan-n-es bio à ne pas se laisser dicter les standards par l’aval de la filière.

 

voir la vidéo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le réseau des bio, seul à appeler au fléchage prioritaire des budgets Feader vers les aides bio

Lors de la conférence de presse, les responsables du réseau bio Grand Est ont rappelé qu’il reste actuellement 3 millions d’euros sur une enveloppe Feader de 12 millions alors qu’il reste 4 années à couvrir d’ici 2020 pour les aides bio du 2ème pilier. Laurent Moinet, secrétaire national de la FNAB, a rappelé lors du débat public que la quasi-totalité des régions sont dans ce cas là. Il a interrogé les représentants des syndicats agricoles sur leurs positions et engagements auprès des pouvoirs publics, Etat et régions, pour ne pas casser la dynamique de développement.

 

Henri Brichart, vice-président de la FNSEA, a déclaré « gouverner c’est prévoir, or la puissance publique n’a rien prévu. (…) les arbitrages sont nécessaires, nous ne les avons pas encore faits sans vision claire des besoins nécessaires sur tous les engagements, Maec et zones défavorisées comprises. » Christine Riba, secrétaire nationale de la Confédération paysanne, a soutenu le besoin de mettre du budget sur les aides « maintien » pour les producteurs engagés, elle a regretté l’absence de plafonnement à l’actif des aides conversions pour faire face à la demande. Henri Sergent, élu de la section bio de la Coordination rurale, a dressé un « constat d’échec » et a proposé le passage des aides bio sur le 1er pilier pour éviter les distorsions de concurrence entre les régions.

 

Faustine Bas-Defossez, du bureau européen de l’environnement, a rappelé que le ministre français a jusqu’au 1er aout 2017 pour notifier auprès de la Commission européenne le transfert de budget du 1er au 2ème pilier (jusqu’à 15%, contre 3% actuellement pour la France). Henri Brichart a répondu que la FNSEA n’avait pas de tabou sur ce sujet, que l’autre solution résidait dans un abondement public, Etat et régions, hors PAC sur le 2ème pilier.

Dans ce contexte politique et budgétaire, aucune des trois organisations syndicales ne se dit en mesure d’encourager ses adhérents à la conversion en bio d’ici la date du 15 mai.

 

voir la vidéo:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Stéphanie Pageot, (vidéo ci-dessous) Présidente de la FNAB, a conclu que le réseau FNAB soutiendrait inconditionnellement les productrices et producteurs qui ont fait le choix de tout changer pour passer en bio. Elle a demandé la transparence sur les lignes Feader en région. La FNAB demande au ministre de l’agriculture de doubler le transfert de budget du 1er pilier au second, 6% contre 3% aujourd’hui, dès 2017 de façon à couvrir les besoins avérés pour les aides bio et les Maec.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pascale Gaillot, (vidéo ci-dessous) Présidente de la commission agriculture de la région Grand Est, et représentante de Philippe Richert, Président de l’ARF, a mis en cause l’Etat sur sa gestion des aides et des budgets. Pour elle, « la décentralisation n’est pas aboutie (…) nous voulons que l’Etat nous fasse confiance et nous laisse la gestion totale des fonds européens sans cadre national. » Enfin, elle a ajouté que « ce ne sont pas les aides surfaciques qui vont aider le développement de la bio, ce sont la structuration des filières et l’organisation des producteurs. »

Elle a enfin reconnu le réseau bio en Grand Est comme un interlocuteur incontournable du développement de la bio en région. Le réseau FNAB, fort de son expertise professionnelle spécialisée, sera au côté des régions pour accompagner les productrices et producteurs et structurer des filières locales et équitables.