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Le lundi 17 octobre 2011, le groupe d'experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition (HLPE) a présenté ses rapports au Conseil de sécurité alimentaire de l'ONU. verdict sans appel et demande de transition vers de nouveaux systèmes agricoles et alimentaires.

 

Le premier rapport traite de la volatilité des prix des produits alimentaires, le deuxième des régimes fonciers et investissements internationaux en agriculture.

                

Clairement, les auteurs demandent au CSA qu'il enjoigne les gouvernements à supprimer les objectifs de consommation de biocarburants ainsi que les subventions et les tarifs douaniers relatifs à leur production et à leur transformation. Souvenons-nous qu'en 2011, le budget de la France consacre 196 millions d'euros de niche fiscale à cette filière en plus des dispositifs obligeant les distributeurs à introduire des agrocarburants, lesquels surenchérissent le coût des carburants pour el consommateur.

les auteurs reconnaissent clairement que les biocarburants joeunt un rôle majeur dans le déournement des productions alimentaires vers le secteur de l'énergie. "Ces politiques aux Etats-Unis et en Europe ont joué un choc de la demande  qui est largement considéré comme l'une des principales causes de la flambée des prix internationaux des produits alimentaires en 2007-2008".

Plus intéressant encore, dans le rapport sur la volatilité des prix, les experts du HLPE recommandent "une transition des systèmes alimentaires et agricoles qui épuisent les ressources naturelles vers des systèmes moins gourmands en énergie fossile et moins polluants." Ils posent de fait la question du Recentrage de l’investissement public pour instaurer unesécurité alimentaire à long terme (extrait ci-dessous page 47).

"De nouveaux investissements publics sont essentiels, mais leur objectif doit être de faciliter le passage à des modèles de production plus durables. Les pouvoirs publics doivent affirmer leur
volonté de lutter contre la pauvreté, de renforcer la capacité de résistance aux chocs et de financer le coût de la transition vers des systèmes de production écologiques. Des systèmes agricoles et alimentaires à forte intensité de connaissances, y compris de connaissances traditionnelles, permettront d’augmenter à la fois la production et l’efficience (de Schutter 2010a; de Schutter 2010b; Swaminathan, 2010; PNUE-CNUCED, 2008; FAO 2011b). Il faudra pour cela faire appel à l’investissement de donateurs bilatéraux et à des initiatives multilatérales, telles que le fonds fiduciaire multinational du Programme mondial sur l’agriculture et la sécurité alimentaire. La recherche et l’innovation agronomiques devront être renforcées et soutenues par les systèmes nationaux de
recherche agricole et le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI).
Il existe un certain nombre de modèles de systèmes agricoles capables de s’adapter aux contraintes écologiques de plus en plus fortes. L’intensification durable de la production agricole, prônée par la FAO (2011b), cherche à atteindre cet objectif en intégrant quatre dimensions:
– meilleure utilisation des ressources, dont les ressources génétiques et l’eau, agriculture de conservation et gestion intégrée des nutriments;
– renforcement de la protection durable des cultures au moyen de la protection intégrée (PI), et réduction des problèmes liés aux ravageurs, de la mauvaise utilisation des pesticides et de la pollution de l’environnement;
– gestion et valorisation de la biodiversité et des services écosystémiques;
– augmentation de la productivité et de la diversification à l’intérieur de la chaîne de valeur.

Cette approche devra être étendue à l’ensemble des systèmes alimentaires, y compris à l’élevage. Il est essentiel également de s’attacher à réduire les pertes et le gaspillage alimentaires (FAO, 2011d). Les gouvernements devraient se pencher sur les travaux en agroécologie et sur d’autres façons d’appréhender les coûts et les avantages de l’investissement dans différents modèles d’agriculture (UNEP-UNCTAD 2008; Pretty, 2006; McIntyre, et al. 2009; Swaminathan 2010). De par sa faible utilisation d’intrants commerciaux, l’agroécologie est également bien adaptée aux exploitants pauvres, qui n’ont pas accès aux marchés des intrants et du crédit (de Schutter 2010b). Elle entraîne aussi une diversification de la production des exploitations, et donc une meilleure résistance aux chocs biologiques, climatiques et économiques (Power 2000)."