Historique

 

Constitution de l’agriculture biologique

 

Plusieurs courants d’idées ont contribué à la naissance de l’agriculture biologique :  système global de production agricole (végétaux et animaux) qui privilégie les pratiques de prévention et de gestion dans le respect des équilibres naturels plutôt que le recours à des interventions et facteurs de production d’origine extérieure issus de la chimie de synthèse.

 

Citons entre autres les travaux sur l’agriculture biodynamique de Steiner (Allemagne), ceux d’Howard sur l’agriculture organique (Grande Bretagne) et ceux de Rusch sur l’agriculture biologique (Suisse).

 

Après s’être développée en Autriche, en Allemagne ou encore en Suisse et en Angleterre dès les années 20, l’agriculture biologique fait son apparition en France au début des années 50.

 

Très vite, on notera 2 approches. Une approche technique et/ou économique, et une approche plus large liant l’agriculture biologique à un projet de société plus global. Les 2 courants étant fortement liés au refus de l’intensification agricole amorcée dans les années 50 (et donc à l’utilisation excessive de pesticides et d’engrais chimiques). Deux raisons principales à ce refus : le lien entre agriculture, alimentation et santé tout d’abord. Les impacts catastrophiques de l’agriculture intensive sur les producteurs, qui devenaient alors totalement dépendants de l’industrie (pour l’achat d’intrant, l’écoulement de leur production,…) ensuite.

 

Au début des années 60, des alertes sont données quant aux conséquences sur la santé et l’environnement de l’agriculture intensive et des pesticides. Le livre de Rachel Carson Printemps silencieux en 1962 a un retentissement considérable. 

 

Premières étapes de développement

 

La mise en pratique de l’agriculture biologique au début des années 60 fait de la France un pays pionnier : le Groupement d’Agriculture Biologique de l’Ouest (GABO) est créé en 1958, il devient l’AFAB (Association Française d’Agriculture Biologique) en 1961. Deux tendances s’y dessinent : un courant lié à des firmes commerciales qui approvisionnent les producteurs en intrants (la société Lemaire-Boucher) et, en réaction, un courant indépendant de toute attache commerciale, l'association Nature et Progrès est créée en 1964, qui se veut ouverte à toutes les méthodes d’agriculture biologique.  C’est le début d’un socle politique et scientifique commun.

 

A partir de 1968, avec le rejet par les mouvements contestataires de la société de consommation et de l’économie productiviste, naît une prise de conscience en faveur du respect de l’environnement et le souhait d’une nouvelle qualité de vie.

 

Des projets alternatifs naissent avec une sensibilisation croissante à l'écologie…

 

Dans les années 70 avec un contexte de prise de conscience des limites des ressources de la planète et de crises pétrolières, alors que l’agriculture productiviste est vivement critiquée pour sa forte consommation d’énergie fossile et de plus en plus pour son caractère polluant, l’agriculture biologique commence à apparaître comme une alternative intéressante. 

 

Amorce de structuration et recherche de garanties

 

Au début des années 70 les notions de cahier des charges, de garantie et de contrôle, se développent afin d'assurer une qualité définie pour le consommateur.

 

Lors du 1er congrès de l’agriculture biologique à Bordeaux en 1969, ses membres soutiendront le premier projet de cahier des charges en posant les bases écrites des règles de conduite d’une agriculture dite « biologique ».

 

En 1972, le 1er cahier des charges bio français est présenté par Nature et Progrès.

 

Nature et Progrès impulse la création de la Fédération internationale des mouvements d'agriculture biologique (IFOAM) en 1972.      Son objectif est de coordonner les organisations actives dans le secteur bio. Elle se dotera d’un cahier des charges « cadre » qui sert de référence au niveau mondial en tant que normes minimales que doivent respecter toutes les organisations adhérentes.

 

Pendant cette période, le mouvement bio français se scinde en une plus d’une dizaine d’organisations ayant leur propre cahier des charges, favorisant une image « marginale » du secteur.

 

La création de la FNAB

En France, les acteurs de l’agriculture biologique  cherchent à se rassembler, en premier lieu au sein de syndicats professionnels.

 

La FNAB (Fédération Nationale d’Agriculture Biologique des régions de France) est créée en 1978 par des agriculteurs biologiques, pour porter une voix spécifique à la profession. Il s’agit de réunir les producteurs biologiques sur des critères  géographiques, au travers des GAB et GRAB, et de fédérer l’ensemble de la production indépendamment des  appartenances à telle ou telle marque (à l’époque 16 marques privées structurent la Bio).

 

 A sa création, elle a pour objet « l’étude et la défense des intérêts économiques, matériels, juridiques et moraux de la profession d’agrobiologiste dont elle assure la représentation nationale et internationale ». A cette époque, l’agriculture biologique n’a pas encore réellement acquis de reconnaissance institutionnelle, mais cela ne saurait tarder.

 

 En 1979, un projet de loi sur les matières fertilisantes permet d’aborder pour la première fois la question de l’agriculture biologique au Sénat. En juillet 1980, la loi d'orientation agricole du 4 juillet 1980 reconnaît la bio sans la citer nommément : Art 14 III « Les cahiers des charges définissant les conditions de production de l’agriculture n’utilisant pas de produits chimiques de synthèse peuvent être homologués par arrêté du Ministère de l’Agriculture».   Le décret du 10 mars 1981 définit le cadre de ces cahiers des charges (production et contrôle) et met en place une commission nationale d'homologation de ces cahiers des charges, comportant professionnels et consommateurs, formulant des avis au Ministre. 

 

Cependant les organisations comme la FNAB ne bénéficient d’aucune aide de l’Etat ni des organisations agricoles. Ses principaux soutiens sont à cette époque le GABSO (groupement de producteurs du Sud-Ouest) et la cotisation des céréaliers (très nombreux à l’époque dans le réseau) appelée le « 1% céréales ». 

 

 Les années 80 sont marquées par les activités de structuration du réseau FNAB (en 1985, 35 groupements d’agriculteurs biologiques - constitués le plus souvent à une échelle départementale- sont adhérents à la FNAB). Les années 1990 verront sa reconnaissance institutionnelle. En 1991, sous la présidence de Jean-Pierre Bouchet, la FNAB est reconnue par le Ministère de l’agriculture comme une organisation professionnelle à vocation syndicale, au même titre que les autres syndicats de l’agriculture conventionnelle. En 1992, la première demande de financement sur les fonds de la Promotion Collective Agricole (PCA) est déposée. Elle sera obtenue quelques mois plus tard.

 

À partir de 1995, la FNAB redéfinit dans un sens positif son rôle et ses actions avec une nouvelle stratégie consistant à miser sur l’ouverture. Après consultation dans les régions, le Conseil d’Administration se donne pour but de faire sortir la bio de sa marginalité, de la développer et de faire en sorte que les producteurs maîtrisent ce développement.  La consolidation du réseau des GAB/GRAB et l’arrivée de nouveaux paysans permettent une reconnaissance accrue…

 

En 1998, le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche lance le premier plan pluriannuel de développement de l’agriculture biologique (PPDAB). En ayant été force de propositions, la FNAB est reconnue comme l’interlocuteur des pouvoirs publics pour l’élaboration du premier Plan Pluriannuel de Développement de l’Agriculture Biologique.

 

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