Adaptation climatique, la FNAB demande une meilleure prise en compte de la bio
Paris, le 30/07/2026. Les événements climatiques estivaux nous rappellent qu’il est urgent d’opérer la transition vers un modèle agricole à la fois sobre et résilient. Face au caractère exceptionnel du phénomène, les fermes biologiques vont subir, comme le reste du secteur agricole, de lourdes pertes. Pourtant, ces fermes sont à la fois mal prises en compte dans les mécanismes d’indemnisation mais aussi dans les dispositifs d’adaptation, alors même qu’elles constituent une solution à la transition du système agricole et à son atténuation.
Les futurs plans d’urgence devront intégrer la bio
Il faudra attendre plusieurs mois pour mesurer combien les filières agricoles auront été affectées, mais nous savons déjà que la situation est grave. Par exemple, les jeunes arbres sont desséchés, certaines fleurs avortent spontanément, la grêle a ravagé des vignobles, la ponte des œufs diminue. De plus, cette période engendre des surcoûts en termes d’horaires de travail et pertes matérielles. Des voix s’élèvent pour demander des plans de soutien exceptionnels. En étant plus diversifiées, en moyenne de plus petite taille et tournées vers les circuits courts, les fermes bio ne correspondent généralement pas aux critères des dispositifs d’indemnisation.
« On l’a constaté par le passé : quand les plans sont construits en pensant aux agriculteur·rices conventionnels, il y a souvent un critère qui exclut la majorité des producteur·rices bio. C’est ce qu’on a vécu en 2022 sur les aides de crise pour la filière porcine, à cause de la taille des cheptels. » explique Olivier Chaloche, Co-président de la FNAB.
Accompagner l’adaptation climatique dans la durée
Pour les mêmes raisons, les fermes bio ont moins accès aux dispositifs d’adaptation climatique, que ce soit dans l’acquisition de matériel ou la capacité à souscrire une assurance.
Même si les fermes biologiques sont plus résilientes, les impacts croissants du réchauffement nécessiteront tout de même de s’adapter. Pour mieux accompagner les fermes biologiques dans ce chemin, la FNAB propose :
- D’ajuster les dispositifs d’investissement comme les PCAE, en abaissant les montants planchers et en élargissant les équipements éligibles.
- De recenser les rendements bio, actuellement absents des bases de données assurantielles.
- D’associer les agriculteur·rices biologiques aux comités sécheresse, pour les intégrer aux décisions de gestion de la ressource en eau, dont les restrictions d’irrigation.