Sécheresse estivale et restrictions d’eau : les bios doivent être priorisés

Paris, le 04/08/2025. Malgré l’arrivée de la pluie, une large partie du territoire français demeure en situation de sécheresse. Des restrictions d’eau ont été adoptées de façon précoce, s’imposant notamment au monde agricole. La FNAB soutient cette priorisation des usages mais déplore l’absence de prise en compte des besoins de l’agriculture biologique. Pourtant, la bio est une alternative agricole nécessaire pour protéger la qualité de l’eau autant que pour l’économiser.

L’agriculture bio, une alternative nécessaire pour la qualité de l’eau en contexte de réchauffement climatique

La pétition contre la loi Duplomb est en passe de devenir la plus signée de l’histoire de France. Pourtant, la réalité climatique nous rappelle à l’ordre avec toutes ses conséquences sur le monde agricole et donc sur la santé environnementale. L’INRAE acte dans une étude de 2024 que le réchauffement climatique fait courir le risque d’une hausse du recours aux pesticides[1] avec toutes les problématiques que ça engendre sur la qualité de l’eau. En se passant des pesticides de synthèse, la bio apporte des réponses concrètes.

“ La mobilisation des dernières semaines montre que les citoyens attendent qu’on se projette dans une agriculture qui prend en compte la santé environnementale, et ça c’est la Bio » commente Loïc Madeline, polyculteur éleveur en Normandie et co-président de la FNAB.

Les bio doivent être priorisés dans l’accès à l’eau d’irrigation.

Par ses pratiques régénératives, notamment le fait d’utiliser des engrais organiques, l’agriculture biologique est aujourd’hui reconnue comme plus favorable à la préservation de la qualité des sols et donc à leur capacité à retenir l’eau[2], véritable atout en période de sécheresse.

Fin juillet, 73 départements[3] font l’objet de restrictions des usages de l’eau. Ces décisions impactent fortement l’activité agricole et, si elles sont prises en concertation avec les acteurs des territoires, excluent trop souvent encore les fermes en agriculture bio.

“ On remarque que les interdictions d’irrigation arrivent une fois que les producteurs de maïs conventionnel n’ont plus besoin d’eau et alors que les producteurs de légumes bios eux sont en pleine saison ” complète Olivier Chaloche, céréalier bio en région Centre et co-président de la FNAB.

La FNAB demande que les préfets associent les représentants de l’agriculture biologique dans les décisions concernant la gestion de l’eau estivale au sein des comités sécheresse.

 

[1]  “Weather shocks and pesticides purchases, european review of agricultural economics”, mars 2024

[2]  Quantification des externalités de l’agriculture biologique, « résumé Climat » rapport ITAB 2024

[3]  Évolution journalière du nombre de départements soumis à restriction, VigiEau