Réglementation bio, le Parlement Européen baisse les exigences pour les filières animales

Paris, le 23 juillet 2026 – Malgré les promesses de la Commission Européenne de maintenir une révision réglementaire limitée, plusieurs points clés du cahier des charges sur les productions animales sont en train d’être allégés, faisant courir le risque d’une déconnexion avec l’agronomie et avec les consommateurs. La Commission Européenne avait déjà ouvert la danse cet automne en proposant d’alléger les règles de production sur les volailles. Mardi dernier, la commission de l’agriculture et du développement rural du parlement européen (AGRI) a pris le relais en s’attaquant à l’obligation de faire pâturer les bovins.

Lien au sol et bien-être animal, deux piliers de l’élevage biologique

La révision en cours pousse des abaissements de contraintes sur des éléments clés du cahier des charges bio. La commission souhaitait déjà inciter le développement de modèles bio intensifs en volailles de chair en levant les limitations dans la taille des élevages. Cette fois c’est à la filière bovine que le Parlement s’attaque en réduisant l’exigence de pâturage. 

 

Ces allègements, en plus de s’écarter de la demande du consommateur, réduisent la résilience des systèmes bio en rendant les élevages plus dépendants des achats d’aliments extérieurs à la ferme. L’agriculture biologique est un système agronomique cohérent. En assouplissant les règles des productions animales, toute la logique du label est remise en question.

 

Si on maintient les volailles et les bovins à l’intérieur dans des bâtiments de plus en plus grands, on augmentera le recours aux aliments achetés, souvent importés, dont il sera de plus en plus dur de savoir s’ils sont vraiment bio. Comment distinguer alors l’agriculture biologique des autres modèles agricoles ? ” s’interroge Loic Madeline, co-président de la FNAB. 

 

Des modifications qui vont handicaper les productions françaises

 

Les logiques d’intensification et d’agrandissement qu’on voit déjà sur les filières volailles en bio dans certains pays ne sont pas encore à l’œuvre dans l’agriculture biologique française. A la différence de la France, le marché bio européen est très dynamique. Le volume des ventes augmente de 3% entre 2024 et 2025, avec des hausses notables en Autriche (+6%) et en Allemagne et Italie (+5%). Cette dynamique forte incite déjà des marques allemandes, néerlandaises à s’implanter sur d’autres marchés nationaux, notamment en Italie ou en Belgique.

 

Cette révision a été voulue pour standardiser la production et mettre les producteurs bio les uns contre les autres. Nous croyons à un cahier des charges bio européen. Le marché bio européen doit se construire sur des règles de production fortes et cohérentes pour les producteurs et les consommateurs, sinon il court à sa perte.conclut Loïc Madeline.

 

Le texte sorti de la commission AGRI du Parlement doit encore être voté en plénière en septembre, puis négocié en trilogue à l’automne. Les dérives sur les productions volailles et la remise en cause du pâturage pour les ruminants peuvent donc encore être retirées.

 

La FNAB appelle le gouvernement et les parlementaires européens français à se mobiliser en défense des filières bio françaises contre les propositions de modifications aujourd’hui sur la table.